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4. Dans quelle mesure les écoles canadiennes sont-elles branchées ?

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En règle générale, les écoles se sont branchées à Internet à une vitesse impressionnante compte tenu de la réalité géographique du Canada. En 2003-2004, l’informatisation était généralisée et la connectivité à Internet, presque complète : plus de 97 % des écoles étaient branchées et près de 93 % des ordinateurs des écoles servaient à l’utilisation d’Internet à des fins éducatives. Ces taux sont nettement supérieurs à ceux observés chez les ménages canadiens ayant utilisé régulièrement Internet à la maison en 2003 (près de 55 %) et dans les entreprises privées qui, la même année, ont déclaré être connectées à Internet (78 %) (Statistique Canada, 2004b, 2004c).

Les écoles secondaires se classent au premier rang au chapitre de la connectivité, 95 % de leurs ordinateurs étant branchés à Internet. La taille des établissements intervient également : 88 % seulement des ordinateurs des petites écoles sont connectés à Internet comparativement à 94 % dans les grandes écoles. On observe aussi un taux plus élevé d’ordinateurs branchés à Internet dans les écoles publiques (93 %) que dans les écoles privées (85 %), ce qui pourrait s’expliquer entre autres par le fait que que les établissements privés sont généralement plus petits que les établissements publics (tableau 6).

Selon les données de l’ETICE, moins de 3 % des écoles canadiennes ne sont pas branchées à Internet, phénomène qui pourrait être attribuable à des croyances religieuses ou à des facteurs d’ordre technique (Statistique Canada, 2004a).

À l’échelle des provinces, la proportion des écoles connectées à Internet en 2003-2004 varie de 91 % au Manitoba à plus de 99 % à Terre-Neuve-et-Labrador et au Nouveau-Brunswick. Signalons également que toutes les écoles élémentaires et secondaires des trois territoires ont déclaré être branchées. Il importe toutefois d’établir une distinction entre la proportion des écoles disposant d’ordinateurs connectés à Internet et la proportion d’ordinateurs connectés au sein d’un établissement donné. En général, la première de ces proportions est supérieure à la seconde dans chaque province ou territoire (tableau 7).

Le Nunavut affiche le taux le plus faible d’ordinateurs connectés à Internet (88 %), bien que toutes les écoles de ce territoire y soient branchées. Les plus fortes proportions (96 %) sont relevées au Nouveau-Brunswick, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Yukon et en Nouvelle-Écosse.

On peut évaluer plus directement la connectivité en comparant la proportion d’ordinateurs connectés à Internet dans une école donnée et la proportion d’élèves. On compte environ cinq élèves par ordinateur et un peu plus d’élèves par ordinateur connecté à Internet (5,5), puisque les ordinateurs utilisés à des fins éducatives ne sont pas tous branchés à Internet (graphique 5).

Plus l’écart entre ces deux ratios est faible, plus la proportion d’ordinateurs connectés se rapproche de celle de l’ensemble des ordinateurs.

Le Québec compte le plus d’élèves par ordinateur connecté à Internet (6,5); viennent ensuite l’Ontario (5,8), la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard (5,6). Le Yukon en compte le moins (2,9), et le nombre d’élèves par ordinateur connecté correspond au nombre d’élèves par ordinateur, ce qui signifie que tous les ordinateurs utilisés à des fins éducatives dans les écoles du Yukon sont connectés à Internet.

Graphique 5
Ratios élèves-ordinateur et élèves-ordinateur connecté à Internet (médians) selon la province ou le territoire, 2003-2004

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4.1 Types de connexions Internet

En accroissant la vitesse de transmission de l’information entre les réseaux et les ordinateurs sur Internet, les technologies à large bande peuvent prendre en charge des applications plus complexes et plus rapides que celles pouvant être exploitées par les systèmes de compte à accès commuté. Dans les écoles, les connexions à large bande permettent une plus grande utilisation d’applications multimédias à des fins éducatives par l’intégration de l’image, du texte, des données et du son (Industrie Canada, 2004b). L’accès continu à Internet présente aussi de l’intérêt. Contrairement aux connexions par accès commuté, Internet est disponible en permanence, et il semble que cette fonction modifie les habitudes d’utilisation d’Internet (Veenhof, Neogi et van Tol, 2003).

La très grande majorité des écoles (86 %) utilisent les technologies à large bande pour se connecter à Internet. Il s’agit là d’un taux remarquable, compte tenu que 65 % seulement des ménages canadiens utilisant régulièrement Internet en 20031 et 66 % des entreprises privées connectées à Internet font appel à ces technologies (Statistique Canada, 2004b, 2004c). Parmi les méthodes les plus courantes d’accès à Internet dans les écoles élémentaires et secondaires du Canada, notons le réseau numérique à intégration de services (RNIS) haute vitesse/ligne d’accès numérique (LAN) (32 %), les connexions par fibres optiques (23 %) et par modem câble (15 %) (tableau 8).

Plus de 90 % des écoles secondaires et des grandes écoles utilisent les connexions Internet à large bande; elles sont suivies des écoles en régions urbaines (89 %). En revanche, seulement 9 % des écoles déclarent utiliser une connexion par accès commuté; il s’agit dans une large mesure d’écoles rurales (21 %) et de petites écoles (19 %), où les obstacles au déploiement des technologies à large bande peuvent être considérables. Ces difficultés sont vraisemblablement attribuables aux coûts de la prestation de services à large bande dans les régions rurales ou éloignées, ces coûts étant généralement supérieurs à ceux des services en milieu urbain, en raison du nombre plus restreint de clients dispersés sur un territoire plus vaste. Les connexions sans fil à large bande par satellite ou réseau terrestre peuvent représenter une option intéressante dans les régions rurales ou éloignées (Veenhof, Neogi et van Tol, 2003). Ceci est démontré par le fait qu’un peu plus de 12 % des écoles rurales sont connectées à Internet par satellite et 11 %, par dispositif d’accès fixe sans fil.

Au Yukon, toutes les écoles élémentaires et secondaires sont branchées à Internet par des technologies à large bande (graphique 6, tableau 9). Le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan se trouvent aussi dans le peloton de tête à ce chapitre, plus de 90 % de leurs écoles faisant appel à ces technologies. Le Nunavut affiche le pourcentage le plus faible d’écoles connectées à Internet par des technologies à large bande (50 %).

Pour les fins de la présente étude, les connexions à large bande comprennent notamment les connexions par modem câble, par lignes à haute vitesse (p. ex., RNIS et LAN), par lignes T1, par fibres optiques et par dispositifs d’accès fixe sans fil. Selon la vitesse et la largeur de bande, on peut également considérer certaines connexions par satellite comme des connexions à large bande.

Le réseau numérique à intégration de services (RNIS) à haute vitesse utilise les lignes téléphoniques ordinaires et des circuits à fibres optiques et emploie une largeur de bande généralement plus lente que celle des technologies à large bande les plus courantes (câble et LAN). Une seule ligne RNIS peut prendre en charge jusqu’à huit appareils (qu’il s’agisse d’un ordinateur, d’un téléphone, d’un télécopieur ou d’un appareil vidéo), et deux d’entre eux peuvent fonctionner simultanément. La pénétration du RNIS est extrêmement faible au Canada. Dans le cas des lignes d’accès numériques (LAN), l’utilisateur est branché en permanence et la ligne téléphonique est libérée pour les appels. Le réseau T offre un lien direct à Internet. Les lignes T1 sont cependant plus coûteuses et servent généralement à des fins commerciales (Statistique Canada, 2004a, Veenhof, Neogi et van Tol, 2003).

Graphique 6
Pourcentage des écoles utilisant les technologies de connexion Internet à large bande selon la province et le territoire, 2003-2004

Graphique 6 Pourcentage des �coles utilisant les technologies de connexion Internet � large bande selon la province et le territoire, 2003-2004

* Estimations d’une fiabilité inférieure en raison de la taille de l’échantillon.

Les lignes RNIS/LAN à haute vitesse et le modem câble se classent parmi les modes de connexion à large bande les plus courants dans les écoles à l’échelle des provinces et des territoires, tandis que les connexions par fibres optiques sont largement répandues au Nouveau-Brunswick, au Québec et, dans une moindre mesure, en Ontario (tableau 9). Les écoles de l’Île-du-Prince-Édouard privilégient les lignes T1 pour se brancher à Internet. Près du tiers des écoles de la Nouvelle-Écosse emploient aussi ces lignes, mais les lignes RNIS/LAN à haute vitesse sont utilisées dans plus de la moitié des écoles de cette province. Les connexions Internet par satellite sont surtout employées dans les écoles des Territoires du Nord-Ouest (18 %) et de Terre-Neuve-et-Labrador (16 %) ainsi que dans celles du Manitoba (15 %). On constate, au Manitoba (17 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (16 %), une proportion relativement importante d’écoles faisant aussi appel aux connexions par accès commuté.

4.2 Utilisation d’un site Web et d’un réseau intranet dans les écoles

Près des trois quarts (74 %) des écoles de la maternelle à la 12e année du Canada avaient un site Web en 2003-2004. La moitié des écoles ont déclaré avoir un site institutionnel, tandis qu’un peu plus de 44 % des écoles ont déclaré disposer d’un site éducatif non administratif permettant aux enseignants et aux élèves d’échanger de l’information. Les grandes écoles (84 %) et les écoles secondaires (86 %) étaient les plus susceptibles de disposer d’un site Web au cours de l’année scolaire 2003-2004, alors que les écoles rurales (63 %) et les petites écoles (60 %) prenaient les derniers rangs à ce chapitre (graphique 7). En 2003, seulement 34 % des entreprises du secteur privé du Canada avaient un site Web – soit un taux correspondant à moins de la moitié de celui des écoles élémentaires et secondaires (Statistique Canada, 2004c).

La majorité des écoles (76 %) utilisent également un réseau intranet. Ce taux d’utilisation est nettement supérieur à celui observé dans les entreprises du secteur privé (16 %) en 2003 (Statistique Canada, 2004c). Dans la moitié de ces écoles, le réseau intranet est accessible aux élèves et aux enseignants regroupés dans la même commission scolaire, tandis que dans le tiers des écoles, le réseau intranet n’est accessible qu’au sein de l’établissement.

Les réseaux intranets sécurisés représentent maintenant l’un des segments d’Internet affichant la plus forte croissance, parce qu’ils sont beaucoup moins chers à construire et à gérer que les réseaux privés axés sur des protocoles exclusifs (Veenhof, Neogi et van Tol, 2003). Les grandes écoles (85 %) se classent en tête de liste pour ce qui est de l’utilisation d’un réseau intranet. En revanche, seulement 44 % des écoles privées ont déclaré disposer d’un tel réseau. Il se peut que les écoles privées ne voient pas la nécessité des réseaux intranets parce qu’elles sont généralement plus petites et comptent moins d’ordinateurs connectés à Internet. Par ailleurs, la nécessité de communiquer ou d’échanger de l’information avec d’autres écoles y est peut-être moins marquée dans la mesure où les écoles privées ne relèvent pas d’une commission scolaire et jouissent de plus de souplesse sur le plan administratif.

Les plus fortes proportions d’écoles disposant d’un site Web sont observées au Yukon (96 %), à l’Île-du-Prince-Édouard (92 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (90 %) (graphique 8). Le Nouveau-Brunswick suit de près et affiche également le taux le plus élevé d’écoles dotées d’un réseau intranet (82 % et 86 % respectivement).

Graphique 7
Pourcentage des écoles exploitant un site Web ou un réseau intranet selon les caractéristiques des écoles, 2003-
2004

Graphique 7 Pourcentage des �coles exploitant un site Web ou un r�seau intranet selon les caract�ristiques des �coles, 2003-2004

Graphique 8
Pourcentage des écoles exploitant un site Web ou un réseau intranet selon la province ou le territoire, 2003-2004

Graphique 8 Pourcentage des �coles exploitant un site Web ou un r�seau intranet selon la province ou le territoire, 2003-2004

* L’estimation relative au réseau intranet pour le Yukon et l’estimation relative au site Web pour le Nunavut ont été supprimées en raison des règles de confidentialité de la Loi sur la statistique.

4.3 Technologie de vidéoconférence

La technologie de vidéoconférence permet d’assurer une liaison son et image en temps réel entre deux ou plusieurs personnes se trouvant dans des lieux différents. Cette technologie permet également de partager des applications informatiques, comme les pages Internet, les catalogues de bibliothèque, la documentation ou les logiciels d’aide, notamment les logiciels de présentation. Dans l’ensemble, seulement 7 % des directeurs d’école ont déclaré disposer d’une telle technologie dans leur établissement.

La technologie de vidéoconférence peut aussi contribuer à réduire les obstacles de la distance et de l’isolement auxquels se heurtent les écoles en milieu rural ou en régions éloignées en assurant l’accès à des applications didactiques autrement impossibles à obtenir. Les écoles secondaires en milieu rural sont les plus susceptibles de faire appel à la technologie de vidéoconférence (21 %).

Les systèmes de vidéoconférence exigent du matériel audiovisuel – moniteur, caméra, microphone et haut-parleur – ainsi qu’un moyen de transmission de l’information entre divers lieux. Les connexions à large bande et par satellite sont idéales mais coûteuses; 91 % des écoles disposant de la technologie de vidéoconférence utilisent des connexions Internet à large bande.

Parmi les moyens d’accès à Internet les plus répandus dans les écoles utilisant la technologie de vidéoconférence figurent la ligne haute vitesse RNIS/LAN (33 %), la ligne T1 (25 %) et les connexions par fibres optiques (21 %). Seulement 6 % des écoles disposant d’une telle technologie font appel à un accès commuté par ligne téléphonique, ce qui peut toutefois limiter les capacités de leur système de vidéoconférence.

Les petites écoles disposant d’une technologie de vidéoconférence sont plus susceptibles d’utiliser des connexions par accès commuté (14 %) que les écoles moyennes (5 %) et les grandes écoles (2 %). Il en va de même pour les écoles privées (15 %) et les écoles rurales (12 %) par rapport aux écoles publiques (6 %) et aux écoles urbaines (4 %).

Le tiers environ des directeurs d’école ont déclaré que la technologie de vidéoconférence sert, dans leur établissement, au perfectionnement professionnel et à la formation du personnel, à la collaboration entre des élèves se trouvant dans divers lieux et aux réunions du personnel, mais près de 40 % des directeurs ont signalé que cette technologie constitue le principal mode de présentation de cours ou complète d’autres modes de prestation de la formation (présentation en personne, formation asynchrone en ligne2, par exemple). Les écoles rurales, les écoles secondaires et les écoles publiques sont proportionnellement plus nombreuses à utiliser cette technologie à de telles fins que les écoles urbaines, les écoles élémentaires et les écoles privées.

Les taux les plus élevés d’utilisation de la technologie de vidéoconférence sont observés dans les écoles de l’Est du pays, soit à Terre-Neuve-et-Labrador (20 %), en Nouvelle-Écosse (17 %) au Nouveau-Brunswick (11 %). Environ 30 % des écoles secondaires de Terre-Neuve-et-Labrador disposent de cette technologie, soit la plus forte proportion à l’échelle du pays.

4.4 Notes

  1. Couvre uniquement les ménages ayant une connexion Internet haute vitesse, par câble ou par ligne téléphonique (Statistique Canada, 2004b).
  2. La formation asynchrone en ligne désigne un mode d’apprentissage par lequel des personnes ne sont pas en ligne en même temps et ne peuvent communiquer sans décalage temporel. Il peut s’agir notamment de cours à progression autocontrôlée sur Internet ou CD-ROM, de présentations sur Internet, de cours sur vidéo, de présentations audio/vidéo adaptées, de mentorat par questions et réponses, de groupes de discussion et d’échanges par courriel.